Dr. Mohammed EL MZIBRI, responsable de la Division Sciences du Vivant au CNESTEN. Après l’obtention d’un doctorat d’Université en 1996 à l’Université de Méditerranée, Marseille – France, et un stage post-doctoral, j’ai intégré le CNESTEN en 1999 en tant que chercheur scientifique en charge de développer l’axe recherche médicale, puis responsable de l’Unité  Biologie et Recherche Médicale de 2002 à 2015. Durant ce parcours, j’ai eu l’opportunité de développer différents axes de recherche en cancérologie, tuberculose, pharmacologie et valorisation des plantes médicinales marocaines. Aussi, et à travers ces années, j’ai eu l’occasion de coordonner des projets nationaux et internationaux et participer dans plusieurs autres projets de recherche.

Résumé de l’intervention

A travers le monde, le cancer du col utérin est le deuxième cancer féminin, c’est l’une des principales causes de décès par cancer dans les pays en développement. Des études épidémiologiques et biologiques ont identifié le papillomavirus humain (HPV) comme agent étiologique du cancer du col utérin. Actuellement, il est largement admis que parmi les 200 génotypes identifiés, l’intérêt porte principalement sur 40 génotypes considérés comme présentant un risque élevé et impliqués dans le développement d’autres cancers humains. Le diagnostic du cancer du col utérin et des lésions précancéreuses repose principalement sur le dépistage cytologique, qui a largement contribué à réduire la prévalence du cancer du col utérin dans les pays développés et en développement. Bien que ce dépistage ait permis de réduire l’incidence du cancer du col utérin, les techniques cytologiques manquent de sensibilité et les lésions cervicales, précancéreuses et malignes, liées aux HPV continuent de peser lourd sur les systèmes de soins de santé.

Au cours de la dernière décennie, la génétique moléculaire a connu une évolution rapide tant conceptuelle que méthodologique faisant appel aux dernières avancées scientifiques et technologiques. Ces techniques se caractérisent par une grande sensibilité, une spécificité élevée et un gain de temps considérable dans la mise en œuvre, ce qui explique le grand intérêt porté à ces techniques dans le diagnostic et le suivi médical. Ces techniques sont largement utilisées pour la détection et / ou le génotypage des HPV, elles reposent sur des méthodes d’amplification du signal (techniques d’hybridation en phase liquide) ou d’amplification de cible (amplification génique par PCR).

Le diagnostic moléculaire, basé sur le test HPV, a ouvert une nouvelle frontière en matière de dépistage du cancer du col utérin et a largement contribué à améliorer le traitement du cancer du col utérin et des lésions précancéreuses.